“MISSISSIPPI MASALA”
Lo sigo a él
y él
me sigue
Lo que sigue lo interpretamos
encontrados.
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“BASAMENTO CRISTALINO”
Si bajé a Buenos Aires
subí a San Juan
leí
tan porteño
Y sépase amoldar
Ese corazón está puesto muy lejos:
concurren expedicionarios
Resarce el aire
cerca del oro.
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“ANA KARENINA”
Karenin, el opio, mi amante, mi hijo
mis celos, mi opulencia
mi abandono.
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“LE MAITRE DE MUSIQUE”
Es
en soledad
donde es
En soledad
es donde
expande
cariz de déspota
(atenaceado)
y vence al acecho
Es
como en el silencio
el Otro
es.
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MARTES 27/8/1996
Lo dijo la radio: Efemérides:
Hoy hace treinta años
en Buenos Aires Nicolás Olivari
el autor
dijo la radio
dio una patada final
recta a la ambigüedad y a la pacatería
Murió
dijo la radio.
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LA RAIZ
Ella se propuso incendiarme el camino
contrastar la roca y el silencio
bordear el horizonte con sus rulos y trinos
desbrozar la soledad y el sol eléctrico
Yo dispuse sus manos sobre toda la herida
de mi látigo terco
ahondé la claridad
la oscuridad
la decidida
inicial de su cuerpo
Ella se deslizó como la gota plena
como una fiebre verde y bienvenida
como un reloj de arena o como arena
y extendida
Yo sepulté la racha de la umbrosa
constelación de pájaros y lenguas
unté sus manos
otra vez
su rosa
constituí en ausencia
No se puede vivir con tanta muerte
ni morir
ni se sabe qué hacer con la sed
y con el hambre
donde ponemos la agonía
algo
no cabe
Otro pájaro (o el mismo)
incrustó su pico
en la única
raíz.
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“MISSISSIPPI MASALA”
Je le suis lui
et lui
il me suit
Ce qui suit nous le jouons
rencontrés.
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“BASAMENTO CRISTALINO”
Si je descends à Buenos Aires
je monte à San Juan
j’ai lu si habitué à Buenos Aires
Vous ne savez pas vous adapter, vous?
Ce coeur-là était très loin:
des voyageurs y vont
L’air leur récompense
si près de l’or.
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“ANA KARENINA”
Karenin, l’opium, mon amant, mon fils
ma jalousie, mon opulence
mon abandon.
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“LE MAITRE DE MUSIQUE”
C’est
en solitude
où il est
En solitude
c’est où
il répand
mine de tyran
(tenaillé)
et il vainc à l’afflut
Il est
comme dans le silence
est
l’Autre.
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MARDI 27/8/1996
La radio le dit: Ephémérides:
Aujourd’hui il y a 30 ans
à Buenos Aires Nicolás Olivari
l’auteur
dit la radio
il a donné un coup de pied final
tout droit à l’ambiguïté et au gros bon sens
Il est mort
dit la radio.
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LA RACINE
Elle était décidée à faire brûler mon chemin
faire le contraste entre la pierre et le silence
parcourir l’horizon avec ses boucles et ses chants
débarrasser de mauvaises herbes la solitude et le soleil électrique
J’ai mis ses mains tout au long de la blessure
de mon fouet entêté
j’ai fait plus profonde la clarté
l’obscurité
la ferme
définition de son corps
Elle s’est coulée semblable a une goutte toute ronde
semblable a une fièvre verte et bienvenue
semblable a un horloge de sable ou au sable
et étendue
J’ai donné sépulture à l’ombreuse
constellation d’oiseaux et de langues
j’ai mouillé ses mains
encore une fois
sa rose
je l’ai fait devenir absence
On ne peut pas vivre avec tant de mort
ni mourir
on ne sait quoi faire avec la soif
et avec la faim
la où on met l’agonie
quelque chose
n’a pas de place
Un autre oiseau (ou le même)
a incrusté son bec
dans la seule
racine.
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